Archives d'exception

L’album de Jules Ollier de Marichard


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Jules Ollier de Marichard (1824-1901), issu d’une vieille famille de propriétaires protestants de Vallon-Pont-d’Arc, fait figure de précurseur dans le domaine de la préhistoire et de l’archéologie en général et a contribué à faire de l’Ardèche un des hauts lieux de la préhistoire.

Sillonnant le département, il multiplia observations et fouilles, dressa un premier inventaire des dolmens et s’inséra dans un réseau de savants, professionnels et amateurs, par une correspondance abondante et la fréquentation des sociétés savantes et des congrès nationaux et internationaux. Le fruit de son travail se matérialisa par des publications et la constitution d’une collection très visitée mais aujourd’hui largement dispersée, embryon de ce qui aurait pu devenir un véritable musée.
En 1866 il commence l’exploration de la grotte de Louoï, située dans les falaises de la basse vallée de l’Ibie, première grotte ardéchoise à faire l’objet de véritables fouilles. Encouragé par Edouard Lartet, souvent considéré comme un des fondateurs de la paléontologie humaine, il en publie les résultats dans plusieurs publications. Celles-ci sont toujours accompagnées de dessins d’objets de qualité, comme en témoignent les aiguilles en os découvertes dans cette grotte (cf. photothèque).


Album 19 cm x 12 cm, 1867 et s.d. [XIXe siècle], ADA 1 J 829


Les Cahiers du Comte de Blou

Les Archives départementales de l’Ardèche se sont récemment enrichies d’un document exceptionnel, acheté auprès d’un libraire avignonnais, avec l’aide de l’État, les cahiers du comte de Blou. D’une plume alerte, le comte de Blou, sans oublier de rapporter les grands évènements, décrit ses activités, ses loisirs (bals, salons...) ses rencontres, dont celles des notables ardéchois, ses voyages (diligence, bateau sur le Rhône, chemin de fer Paris-Orléans...).
Ces cahiers ont été écrits par Philippe Charles Jean Hyacinthe Xavier, comte de Blou. Né à Thueyts le 29 novembre 1789, dans une vieille famille noble de la région, il commence une carrière militaire sous l’Empire : élève pensionnaire à l’école militaire de Fontainebleau en 1806, sous-lieutenant en 1807. Il est fait prisonnier en Espagne en 1808 à la suite du désastre de Bailen mais réussit à s’échapper des pontons de Cadix, avec vingt-quatre officiers, « en enlevant de vive force une barque espagnole et qui [les évadés] malgré le feu des escadres ennemies et celui des canonnières envoyées à leur poursuite vinrent se jeter sur la côte qu’occupaient depuis quelques jours les armées impériales ». Capitaine en 1813, il fait les campagnes d’Espagne (blessé devant Vitoria en 1813), se retrouve demi-solde en 1814 (1ère Restauration) mais retrouve rapidement un poste de capitaine à Lille en octobre 1814. Le 28 octobre 1815 (2ème Restauration) il est capitaine au 6ème régiment d’infanterie de la Garde royale, chef de bataillon dans le même régiment en 1816, commandant en 1826, mis à la retraite en 1837.
Il est bien introduit à la Cour, puisque le roi Louis XVIII et d’autres grands personnages (duc de Berry…) signent en 1817 son contrat de mariage avec Mademoiselle de Sainte-Marie d’Agneaux. Dès lors sa vie se partage entre Paris, où il mène une vie sociale intense, et l’Ardèche. En juillet 1830 il est tenté par la députation : élu juste avant la Révolution de Juillet, il refuse le serment à Louis-Philippe et ne siège donc pas à la Chambre. Il meurt le 18 octobre 1848.
Douze cahiers écrits de sa main nous sont parvenus. Tous ne sont pas paginés mais on peut estimer qu’ils comportent plus de 3 000 pages. Tenus dans un ordre strictement chronologique, d’une écriture régulière, ces cahiers ressemblent à un journal. Il semble que l’auteur ait plutôt recopié des lettres écrites par celui-ci ou parties de ses lettres si l’on en croit certains titres (« fragments de correspondance ou quatre-vingt-huit extraits de lettres écrites en 1835 et en 1836 ») ou certaines phrases indiquant qu’il s’adresse à un correspondant. Les noms des destinataires ne sont jamais indiqués. La période concernée va de 1821 à 1848 avec des lacunes : feuillets arrachés avant mai-juin 1821, carnets de 1839, 1841-1842, mai-décembre 1846.