10 Février St Arnaud
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La marque du protestantisme
Des idées nouvelles et des luttes Au moment de la révocation de l'Edit de Nantes sous Louis XIV, en 1685, l'Ardèche, terre protestante, était loin d'être le pays bucolique et rural qui enchante aujourd'hui. On y souffrait, on s'y cachait, on y avait perdu la liberté de penser. Le roi n'entendait pas laisser les protestants d'Ardèche le défier en exerçant leur culte. Car très tôt le protestantisme a pénétré en Ardèche, une terre qu'il a marquée profondément et qui a gardé le souvenir de l'histoire mêlée de violences et d'enthousiasmes du peuple huguenot, de son combat pour le droit à la tolérance et à la différence.
Dès le début du XVIe siècle, l'Ardèche, qui était à l'époque la province du Vivarais, adhère au protestantisme, surtout dans sa version calviniste, à cause de sa proximité avec Genève.
La carte de son implantation, qui changera peu au fil des siècles, se dessine : dense en vallée de l'Eyrieux, sur le plateau de Vernoux et dans les régions de Lamastre et de Saint-Agrève, il est absent du plateau ardéchois, compte des isolats comme Annonay, Vals, Aubenas, Les Vans et au sud suit un axe fragile entre Villeneuve-de-Berg et Vallon-Pont-d'Arc.
La scission entre les deux religions provoque des affrontements qui se cristallisent avec les Guerres de religions (1562-1598). Occupant une position stratégique entre Genève et le Languedoc, le Vivarais subit coups de main et batailles rangées.
En 1598, l'Edit de Nantes y met fin et organise la coexistence des catholiques et des réformés. Le Vivarais a 75 lieux de culte et 5 places de sûreté avec garnison.
Au XVIIe siècle, l'absolutisme royal s'accommode mal du pouvoir des protestants sur les plans politique et social, leur enlève en 1629 garnisons et places de sûreté, puis multiplie les édits pour restreindre leurs droits. La révocation de l'Edit de Nantes en 1685 met finalement le protestantisme hors la loi. Certains quittent alors la France, les autres sont contraints à l'abjuration (conversion). Mais très vite, plusieurs milliers de protestants organisent clandestinement des assemblées pour exprimer pacifiquement leur foi. A partir du milieu du XVIIIe siècle, elles se tiennent de jour, en montagne ou dans les grottes de Vallon-Pont-d’Arc ou des Vans. Le pouvoir répond par une répression très vive ; plusieurs centaines de personnes sont emprisonnées, envoyées aux galères ou massacrées. Afin de mieux contrôler ces mouvements de résistance qui inquiètent le pouvoir, l’intendant du Languedoc décide la construction d’un réseau routier en Ardèche et en Cévenne pour faciliter l’envoi de troupes et le passage des canons. En Boutières, une route royale relit désormais Privas au Cheylard via Saint-Pierreville. Elle prend le nom de « Route des dragonnades » en mémoire du rôle joué par les dragons du roi Louis XIV dans la répression des réformés et les abjurations forcées.
En 1789, avec la Déclaration des Droits de l'Homme, les protestants sont enfin définitivement reconnus comme des citoyens à part entière, libres de pratiquer leur foi. Au début du XIXe siècle, l'Ardèche compte 34 000 protestants pour 290 000 habitants.
Privas, ville protestante Vite perméable aux idées de la Réforme, Privas, protégée par ses fortifications, devient en 1598, le centre administratif protestant du Vivarais. Après La Rochelle, Privas est une des premières villes visées par Richelieu qui veut briser le pouvoir des protestants. Refusant de se soumettre, elle est assiégée par les troupes royales, commandées par Louis XIII.
En 14 jours, celles-ci viennent à bout des 1 700 combattants de la garnison protestante. Le 28 mai 1629, Privas tombe, pillée et incendiée.
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LIEU
Les grottes de la Jaubernie
Un refuge pour les protestants durant le siège de Privas
14 mai 1629 : l'armée royale de Louis XIII prend position dans la plaine du Lac (Privas). Un autre corps d'armée arrive de Coux par la Vallée de l'Ouvèze. 20 000 hommes encerclent Privas. Les protestants se réfugient dans les grottes de la Jaubernie, situées à proximité de Privas. Ces habitations troglodytiques, peuplées depuis la Préhistoire, auraient été fortifiées lors des Guerres de religions afin de servir de refuges aux huguenots. Certaines ont conservé en partie leur appareil défensif des XVIe et XVIIe siècles.
On retrouve le même type de grottes, appelées "Balmes", aux alentours de Villeneuve-de-Berg (Balmes de Montbrun).
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