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Du Pouzin à Aubenas, une route sous haute protection
La route départementale 104, anciennement route nationale, transférée au Conseil général en 2006, constitue un des axes principaux du département de l’Ardèche. Elle assure en effet la liaison entre la vallée du Rhône, le bassin de Privas et celui d’Aubenas vers le sud, via le Col de l’Escrinet qui culmine à 781m d’altitude. Un axe fortement fréquenté, notamment l’été par les touristes, et qui demande un entretien de tous les instants du fait de sa fragilité géologique. Explications.
Si vous l’empruntez régulièrement, vous devez le savoir : de nombreux travaux sont entrepris sur son tracé, et ce à divers endroits. La raison ? La fragilité géologique de la zone.
Robert Cotta, vice-président chargé des infrastructures et déplacements, et Yann Bacconnier, de la direction des routes, responsable de la zone concernée, expliquent les difficultés à gérer et financer ce tronçon de route départementale.
Reliefs : Pouvez-vous nous expliquer pourquoi cet axe est régulièrement en chantier ?
Robert Cotta : Nous sommes là en effet sur une zone géologique totalement irrégulière qui connaît de forts mouvements de terrains. Difficile pour nous d’anticiper les éboulements de pierres et autres glissements de terrain ! Une étude, réalisée en 1997 par l’Etat, a démontré que ces mouvements, leur gravité, leur vulnérabilité avaient forcément des conséquences sur la chaussée. Résultat : des travaux sont à entreprendre régulièrement. Ces interventions sont priorisées et une liste exhaustive des zones exposées aux risques est établie avec hiérarchisation de leur importance et proposition d’une programmation des travaux à exécuter.
Reliefs : Cela concerne-t-il l’ensemble du tracé ?
Yann Bacconnier : Non. La section située entre Le Pouzin et Privas est surtout sensible aux écroulements et chutes de pierres, celle entre Privas et le Col de l’Escrinet se caractérise à la fois par des chutes de blocs et des glissements de terrain. Enfin celle située entre le Col de l’Escrinet et Aubenas se caractérise essentiellement par des glissements souvent de plus grande ampleur.
Au total, ce sont 74 zones à risques qui ont été identifiées, 21 entre Le Pouzin et Privas, 33 entre Privas et le Col de l’Escrinet et 20 entre le Col de l’Escrinet et Aubenas.
Les zones les plus prioritaires ont été traitées, pour autant ces travaux ne peuvent être considérés comme définitifs, de nouveaux mouvements de terrains situés sur de nouvelles zones ou même sur certaines ayant déjà été traitées impliquent la poursuite de ces travaux préventifs. Et d’autres zones d’instabilité, que nous allons recense cette année, sont apparues depuis la réalisation de l’étude !
Il reste à ce jour à protéger une zone de chutes de blocs et il nous faut encore renforcer sept zones de glissement dont trois devraient être réalisées cette année.
Reliefs : De chantiers en interventions de prévention, l’axe est régulièrement encombré. Ne peut-on pas y échapper ?
Robert Cotta : Toutes ces interventions génèrent bien souvent des perturbations importantes pour la circulation que les utilisateurs réguliers peuvent constater chaque année. Ils sont pourtant indispensables pour garantir le maintien de cette liaison dans des conditions de sécurité les meilleures possibles. Mais malgré les efforts déployés, nous restons très vigilants devant des phénomènes naturels toujours imprévisibles et gardons à l’esprit qu’une coupure brutale de la route à n’importe quel moment ne peut être totalement exclue.
Article paru dans Reliefs Eté 2010
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Un financement conséquent
Lors du transfert de cette route en 2006, sur demande forte et expresse de l'exécutif départemental, l’Etat a accepté le principe d’une participation financière aux travaux à réaliser sous forme de subventions sur une durée de 6 ans.Le premier contrat, arrivé à terme (2006-2009), a permis au Département de l’Ardèche de poursuivre les travaux programmés pour une montant de 2 062 500 € HT aidé à hauteur de 80 %, soit une subvention de 1 650 000 €.
Le second et dernier (2010-1012) doit permettre le financement de 937 500 € HT de travaux complémentaires (750 000 € de subvention). Ces travaux sont programmés pour l'année 2010.
Passé 2012, le Département de l’Ardèche devra assurer seul la poursuite des travaux d’entretien et de confortement de cet axe majeur pour notre département.
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